Le noël Ethiopien

Publié le par Le mabraq

Le Noël éthiopien, traditionnellement appelé « LEDET » , ou « GÄNNA » , se déroule le 6 ou le 7 du mois de janvier selon le calendrier grégorien qui est celui du monde occidental / européen, le 29 du mois de Tahäsas selon le calendrier julien qui est celui de l’Ethiopie.
Noël est en Ethiopie une fête considérée comme étant moins importante que la fête de Pâques, appelée Fasika  en amharique. Tout d’abord parce que la chrétienté orthodoxe éthiopienne se centre plus sur Marie que sur Christ, mais surtout parce que la mort de Christ est considérée comme étant plus importante que sa naissance. Ainsi Pâques sera plus largement fêtée que Noël en Abyssinie. Seuls les Ethiopiens pieux jeûneront avant Noël, un jeûne d’une durée de 40 jours, appelée « Tsomä Gahad », tandis que la globalité de la population procédera au jeûne
précédant Pâques.
La veillée de Noël est célébrée par un service religieux. Les pieux chrétiens et les pèlerins de toute l’Ethiopie se retrouvent dans toutes les églises des Hauts Plateaux. La foule reçoit des chandelles en arrivant vers le lieu de la cérémonie (ces chandelles peuvent être aussi achetées et distribuées aux prêtres pour la célébration), et après avoir allumé les bougies, la population marche autour de l’église à trois reprises, avant de s’arrêter et de masser autour de celle-ci des heures durant. Les cérémonies orthodoxes sont longues, et nécessitent la présence nombreuse du clergé. Les Prêtres dansent calmement, se balançant d’un côté à l’autre en rythme avec leurs sistres (percussions métalliques), tandis que les plus jeunes, les hommes les plus athlétiques se rassemblent autour d’un percussionniste frappant le käbäro, percussion traditionnelle éthiopienne), dansant et sautant, finissant presque dans un état de transe. Les choeurs se massent en dehors des cercles concentriques desquels sont faits les églises orthodoxes, et les garçons et hommes se séparent des filles et femmes lors de la procession, chacun de l’un et de l’autre côté de l’église. La cérémonie commence calmement, et se poursuit durant la nuit en crescendo, la musique qui émane de l’Eglise étant entendue au loin jusque tôt le matin.
Après la fin des cérémonies, le jeûne est cassé avec la traditionnelle et locale « enjära », galette préparée avec une céréale locale, le Téf . L’enjära sert à la fois de galette sur laquelle est placée le plat principal, mais sert aussi à porter la nourriture vers la bouche. L’enjära est généralement accompagné de doro wät , un ragoût de poulet en sauce épicé. Les alcools locaux, comme le tädj, sorte
d’hydromel confectionné à base de miel, complète le menu.
Au matin, une procession colorée fait son chemin en direction du sommet d’une colline toute proche, où un service est conduit. Trois jeunes hommes marchent en tête de la foule, fouettant de gauche à droite pour que les gens restent en ligne. Les plus pieux sont nourris avec le pain et le vin qui ont été bénis par les Prêtres. Après le service, tout le reste de la journée est consacrée à danser, à faire la fête, ou encore à pratiquer le rituel sport de Noël, le gänna, sorte de hockey sur gazon local qui se joue avec des crosses et des balles en bois, et où deux équipes adverses s’affrontent. Ce jeu est tellement populaire à cette période de l’année qu’il a donné son nom à la Fête de Noël !
L’endroit pour passer un traditionnel Gänna est la cité de Lalibäla , qui a été bâtie comme la Jérusalem éthiopienne par le Roi Lalibela au XIIème siècle. Il y a donc une connexion particulièrement forte avec Christ à Lalibela, et les pèlerins voyagent des jours durant de toute l’Abyssinie pour assister à des cérémonies colorées dans chacune des treize fameuses églises creusées dans le roc à flanc de colline. Dans la tradition éthiopienne, il n’y a pas l’arbre de Noël, cette tradition étant héritée des anciens cultes païens occidentaux, et repris par les Eglises d’Occident. Cependant, dans les grandes villes, comme Addis Abäba la capitale, l’arbre de Noël commence petit à petit à faire son apparition.
Aussi, toujours bien loin du monde occidental de consommation de masse et de gloutonnerie commerciale, le don des présents n’est pas répandu. Seuls les enfants reçoivent de simples et humbles cadeaux, tels des vêtements neufs. L’Empereur avait aussi l’habitude de distribuer des cadeaux aux enfants. Une cérémonie de Prêtres orthodoxes dans une rue pour Ledet, au premier plan on peut voir un joueur de Käbäro, percussion traditionnelle.

Source : Le mabraq

Publié dans Le Guide du Rasta

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