Le Mento

Publié le par Gismo

Au XXème siècle, chaque île aux Caraibes impose son style au reste du monde : pour exemple le merengue dominicain, le compas haitien, le calipso trinidadien, le son cubain, le zouk guadeloupéen, etc...
En Jamaique, la musique traditionelle ne nomme le mento, un mélange d'influences européen, bantoues et ouest africaines.
Les chanteurs de mento des campagnes venaient chercher fortune en ville, ou des hotels internationaux les employaient. Les hiltonaires d'ailleurs ont enregistrés plusieurs albums chez Studio One dans les années 60. Ce trio vocal habitué de l'hotel Hilton portait des chapeaux de paille typiques de paysans, des chemises larges très colorées, des pantalons blancs trop court et des sandales à la mode jamaicaine. Ils utilisaient un banjo, une guitare sèche, des maracas et congas, et chantaient des harmonies tropicales qui vantaient les jolies filles, le soleil et les fruits de la nature jamaicaine.
L'une de ces esquises chansons, Island In The Sun, donnera son nom à une nouvelle d'Allec Waugh en 57 dont sera tiré un film à succès. C'est aussie de là que vient le nom des disques Island de Chris Blackwell.

Les chansons paillardes (Slack) sont aussi de rigueur et font rire. Yellowman reprendra d'ailleurs le grand classque Big Bamboo en 84. Chanson basé sur une métaphore : relation entre un gros bambou et le sexe masculin de l'interprète qui plait tant à ces dames.

Les groupes de mento joue également du "piano à pouces" (Thumb Piano ou Rhumba Box, une caisse de bois où sont fixés des plaquettes de métal dressés en l'air qui vibre et résonne sous le songles des pouces, produisant de bonnes grosses basses.

Le mento représentait surtout la touche folklorique locale pour des touristes, et est souvent associé aujourd'hui à la mentalité coloniale que les rasas dénoncent. Les artistes essayent de perdre leur accent en chantant pour qu'il soit compréhensible de tous.  Les premiers enregistrement de Mento réalisé par stanlay Motta dès 51 étaient destiné à concurrencer le calypso. Maiscet épisode n'a pas vraiment marché, les jeunes préféraient le Rhythm & Blues américain, plus branché et plus dansant...

Publié dans Culture Reggae

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