Texte libre

 


Ben bienvenue sur mon blog ...

Voici mon hommage au reggae ...

J'espère que tu passeras un bon moment à feuilleter (enfin facon de parler ) les quelques pages de ce blog !! Alors bonne visite

Et n'hésites pas à lacher des comm .... c'est fait pour ca.

Bless

Si tu veux m'écrire tu clik :)




N.B : Je n'ai pas la prétention d'avoir écrit tous les articles, Il s'agit pour moi de faire de ce blog un mémoire de mes recherches sur le reggae et la culture Rasta et que j'essaie de faire partager.

JAH bless

Recommander

Le mouvement Rastafarai

Samedi 17 décembre 2005 6 17 12 2005 16:47

Le rastafari est une religion née dans les années 1930, un mouvement chrétien noir qui prône le retour aux Sources, en Afrique, plus particulièrement en Ethiopie, souvent mentionnée dans la Bible. Pour les rastas, la Jamaïque n'est qu'une terre d'exil et HAILE SELASSIE, premier empereur d'Ethiopie, est la dernière réincarnation de Dieu sur terre.
Haïlé Sélassié est né en 1892 en Ethiopie. Il est le seul survivant de sa famille. Appelé Tafari "Tu seras craint", son goût prononcé pour le pouvoir l'amène à diriger le pays en 1916 aux côtés de sa tante, l'impératrice Zaouditou. Il abolit l'esclavage et modernise l'Ethiopie. C'est un véritable réformiste. Il devient empereur en 1930, "Negusa Nagast" (Roi des Rois). Puis il prend le nom d'Hailé Sélassié qui signifie "Force de la Sainte Trinité" jusqu'à sa mort en 1975.
La culture rasta est faite de légendes, de prophéties et de textes bibliques. Le rastafari est une attitude anticoloniale mêlée à une philosophie universaliste et pacifique, qui a eu une influence décisive sur beaucoup de musiciens jamaïcains et sur le reggae. Et ce dernier va permettre la connaissance planétaire des rastas mais avant cela, deux hommes vont aussi contribuer à la diffusion internationale de l'idéologie rasta: Marcus Garvey et Leonard Percival Howell dit "Le Gong".

Par Gismo6080 - Publié dans : Le mouvement Rastafarai
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 21 décembre 2005 3 21 12 2005 14:23

Apparu au début des années trente, le mouvement Rastafari s'est aujourd'hui largement diffusé via Bob Marley et le phénomène Reggae. Malgré cette internationalisation, le terme " Rasta " reste l'objet de multiples confusions. Religion, philosophie ou mode de vie, notre perception du sujet se limite trop souvent au folklore de quelques ingrédients exotiques : ganja, reggae et dreadlocks… Afin de mieux cerner la portée de ce mouvement, Watch Dis consacrera une rubrique mensuelle dédiée à la découverte des rastas. Il n'est guère possible d'aborder l'histoire des " fils de Jah " en faisant l'impasse sur la personnalité légendaire de Marcus Mosiah Garvey. Celui que les rastas considèrent comme leur prophète, demeure à ce jour le leader du plus vaste courant de libération des noirs.

Chaque année, les rastas célèbrent l'anniversaire de l'" honorable " Marcus Mosiah Garvey, le prophète. En anglais, le nom Mosiah s'apparente étrangement à la contraction de Messie (Messiah) et de Moïse (Moses). Né le 17 août 1887 à St Ann's Bay en Jamaïque, Garvey hérite du tempérament révolté de ses ancêtres : les Nègres Marrons. Bien qu'officiellement aboli en 1838, l'esclavage ne semble toutefois pas très éloigné des conditions de travail réservées aux noirs jamaïcains au début du vingtième siècle. Travaillant comme apprenti dans une imprimerie, Garvey ne tarde pas à être renvoyé pour ses activités syndicales et ses appels répétés à la grève. Il se tourne vers le journalisme et entreprend une série de voyages au cours desquels il publie de multiples pamphlets et autres manifestes dénonçant le joug colonial et les nouvelles formes de discrimination raciale. De retour en Jamaïque, Garvey et sa femme fondent en 1914 l'UNIA (Universal Negro Improvement Association) : Association Universelle pour le Progrès des Noirs. Garvey développe peu à peu une vision afrocentrique : trop d'africains en exil ont oublié leur culture. A ses yeux, l'émancipation des noirs " expatriés" n'est envisageable qu'à la condition préalable de libérer l'Afrique. Influencé par les idées des ethiopianistes (après la victoire des guerriers abyssins contre l'armée italienne à Adoua en 1896, nombreux sont ceux qui fondent leur espoir sur l'avenir de l'Ethiopie), Marcus Garvey exhorte ses frères à se réapproprier la culture de leurs ancêtres : " Ethiopie, terre de nos pères ". En 1918, il déplace le siège de l'association à Harlem. La concurrence est rude : le ghetto new yorkais fourmille d'organisations politiques et d'églises afro-chrétiennes militant pour la cause des noirs. Le journal Negro World diffuse les messages panafricains de Garvey : " Allons nous autoriser les blancs à s'emparer de l'Afrique ? ". Ces articles incisifs invitent la communauté noire à ne plus tendre la joue et à rendre coup pour coup. L'UNIA se distingue rapidement et le mouvement garveyite suscite rancœurs et jalousies. A cet égard, le président de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), W.E.B Dubois n'hésite pas à diaboliser son rival en le présentant comme " l'ennemi le plus dangereux de la race noire". En dépit de tout cela, l'organisation de Marcus Garvey connaît un succès sans précédent. Sous couvert d'intégration et d'égalitarisme inter-racial, le gouvernement américain maintient sa politique de ghettoïsation ethnique. L'intelligentsia noire a beau dénigrer le " fou " jamaïcain, elle n'offre aux afro-américains qu'un discours modéré consistant en l'assimilation progressive et improbable des noirs dans une société blanche. Le programme radical de Garvey rencontre quant à lui un plus large écho : " Un seul Dieu, un seul But, un seul Destin". En d'autres termes, l'hypothétique intégration de l'homme noir dans un système conçu pour et par les blancs est un combat d'arrière-garde. Garvey appelle la race noire à se " rendre maître de sa destinée ". La politique des oncle-tom n'a que trop duré : les raids policiers s'intensifient et Harlem se transforme en Rue Casse-Nègres. Pour Garvey, la meilleure défense, c'est encore l'attaque : " Nous sommes issus d'un peuple qui a trop souffert. Nous sommes issus d'un peuple déterminé à ne plus souffrir. A la deuxième convention de L'UNIA en 1921, il parade entouré d'unités paramilitaires : la légion africaine, les corps motorisés africains… Devant l'expansion de l'UNIA (en 1925, on estime le nombre de ses membres à plusieurs millions), la société bien pensante hurle à la " propagande anarchiste ". L'ascension fulgurante de celui que l'on nomme désormais le Moïse Noir alimente la paranoïa négrophobe. Les autorités se méfient de ce nouveau " péril noir ". Comme toujours en pareilles circonstances (ce sera plus tard le cas pour le Black Panther Party), des agents-informateurs du gouvernement tentent de noyauter l'organisation. Un de ces indicateurs, ayant infiltré un meeting de l'UNIA, s'inquiète dans son rapport de voir les disciples vouer un véritable culte à Garvey, caractérisant l'association comme " une nouvelle religion ". L'anti-colonialisme de Marcus Garvey transparaît dans des slogans tels que " L'Afrique aux Africains " ou encore lorsqu'il prône l'édification des " United States of Africa ". Garvey devient en l'espace de quelques années, la figure emblématique du nationalisme noir : " C'est alors que je vis en face de moi le nouveau monde de l'homme noir, non pas un monde de pions, de serfs, de chiens mais une nation d'hommes résolus à marquer la civilisation de leur empreinte et à faire briller sur la race humaine une nouvelle lueur". Par delà le combat politique, Garvey paraît de plus en plus préoccupé par des considérations mystiques. La religiosité de ses propos se cristallise de nouveau vers l'Ethiopie. A cette même époque, certains garveyites procèdent à une relecture de la bible privilégiant les références à l'Afrique. Cette refonte du message biblique selon laquelle Dieu est Noir, préfigure la naissance du mouvement Rastafari. Garvey lui même semble confirmer cette vision : " Nous les noirs, croyons au Dieu de l'Ethiopie, le Dieu éternel". Le mot Ethiopie désigne ici simultanément le continent africain (l'occident employait le terme grec Aethiopia pour désigner le continent africain) et l'Ethiopie ancestrale et mythique mentionnée dans la bible.

Le président général de l'UNIA s'auto-proclame président provisoire de l'Afrique et annonce du même coup l'heure du rapatriement pour la diaspora noire : " Nous retournons chez nous en Afrique pour en faire la grande république noire". Là encore, la perspective du Retour en Afrique bénéficie du plus large impact. A cet effet, Marcus Garvey fonde une compagnie maritime, la fameuse Black Star Line. La possibilité concrète de rapatrier des millions d'afro-américains sur la terre mère apparaît toutefois bien compromise. Aux allergiques de la négritude, Garvey leur demande de financer le billet retour. Il entreprend des négociations avec le Ku Klux Klan et divers groupes extrémistes. Le projet avorte.

L'UNIA se situe dans la ligne de mire. Garvey se trouve par ailleurs tiraillé entre les critiques formulées par la bourgeoisie noire sous l'égide de Dubois et les divisions internes qui minent son organisation. Le Bureau d'Investigation mène une enquête concernant la gestion de la Black Star Line Steamship Incorporation, branche commerciale de l'UNIA. Faute de mieux, la justice inculpe Marcus Garvey pour fraude aux services postaux. L'affaire tourne à l'acharnement judiciaire : le procès est expédié et la requête en appel, rejetée. Condamné à deux ans de prison, Garvey est incarcéré en 1925 au pénitencier fédéral d'Atlanta. Pour le gouvernement américain : exit le Moïse Noir et les risques d'un contre-pouvoir afro-américain. Malgré les conditions de détention, il parvient tant bien que mal à diriger le mouvement de sa cellule. Dans une lettre adressée aux siens, il prophétise : " Nous avons petit à petit regagné la confiance du Dieu de l'Afrique. Il va parler d'une voix de tonnerre qui ébranlera les piliers d'un monde injuste et corrompu et rendra l'Ethiopie à son ancienne gloire. " Des milliers de pétitions circulent exigeant sa libération immédiate. En 1928, ployant sous la pression populaire, le président Coolidge commue sa peine en le déportant à la Jamaïque, évitant ainsi d'en faire un martyr. Cette même année, un événement passe presque inaperçu : un prince éthiopien du nom de Ras Tafari est intronisé négus (roi). En Jamaïque cependant, des individus afférents au Garveyisme commencent à propager l'idée de l'avènement d'un Dieu Vivant. Robert Athlyi Rogers d'Anguilla, auteur de l' Holy Piby (la " bible de l'homme noir "), désigne Marcus Garvey comme étant le prophète qui apportera la " Rédemption à l'Ethiopie ". Le révérend Fitz Balintine Petersburgh publie un opuscule incendiaire (le Royal Parchment Scroll of Black Supremacy) prédisant la venue d'un roi éthiopien qui assurera le règne de la " suprématie noire ". Dans cette même perspective, un Garveyite, le révérend James Morriss Webb cultive les attentes messianiques en annonçant, bible à l'appui, le couronnement d'un roi noir. Les signes annonciateurs se multiplient et le climat d'effervescence mystique devient le creuset de la contestation raciale. De retour à Kingston, Garvey continue ses activités " subversives " mais les querelles intestines amorcent le déclin de l'UNIA. Aux Etats Unis, des organisations noires telles que la NAACP ou la Nation Of Islam gagnent du terrain. Voyant son leadership remis en cause, Garvey décide d'émigrer à Londres en 1935. De plus en plus isolé, il succombe le dix juin 1940 des suites d'une hémorragie cérébrale. De nombreux acteurs de la décolonisation tels que Jomo Kenyata au Kenya ou Nkrumah au Ghana se réclameront du théoricien du " fondamentalisme africain ". Revendiquant l'héritage idéologique de Garvey, Malcom X dira à son sujet : " Chaque fois que vous voyez sur le continent une nouvelle nation devenir africaine, vous savez que Marcus Garvey est vivant. ". En 1927, Marcus Garvey aurait proféré les paroles suivantes : " Regardez vers l'Afrique : un roi noir sera couronné. Il sera le rédempteur". Le deux novembre 1930, Ras Tafari est couronné empereur d'Ethiopie, baptisé " Haïlé Sélassié Ier, roi des rois, seigneur des seigneurs, lion conquérant de la Tribu de Juda ". On n'arrête pas la prophétie…

Par Gismo - Publié dans : Le mouvement Rastafarai
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 21 décembre 2005 3 21 12 2005 14:36

Le rastafarisme est aujourd'hui omniprésent sous ses formes récupérées. En cette fin de période estivale, le packaging vert-jaune-rouge fonctionne à plein et les mélodies sirupeuses d'un reggae anémié continuent à nous bercer légèrement. Bref, le Rasta Business se porte bien. Retracer l'histoire des pre-miers rastas consiste précisément à faire tomber un certain nombre d'idées reçues. A ses débuts, l'esprit Rastafari se situe aux antipodes du rastafarisme " peace and love ". La naissance du mouvement Rasta correspond, dans une très large mesure, à la volonté d'en finir avec un système où la domestication ra-ciale et coloniale est parvenue à son comble : " Babylone va brûler ! ".

" Je ne veux pas la paix, la seule chose que je veux c'est l'égalité et la justice " Peter Tosh

In The Begening

En ce début des années trente, la Ja-maïque, propriété de l'empire britanni-que, constitue un véritable " enfer ter-restre ". Les problèmes économiques et sociaux dus partiellement à la grande dépression acculent bon nombre de ja-maïcains à émigrer. C'est précisément dans ce climat de tension permanente que le mouvement Rastafari va appa-raître. L'annonce du couronnement de Ras Tafari Makonnen, empereur d'Ethiopie, rebaptisé pour l'occasion Haïlé Sélassié (" force de la trinité ") s'impose comme une authentique révé-lation. Cet événement venait en effet confirmer la prédiction de Marcus Gar-vey émise quelques années auparavant selon laquelle un roi serait couronné en Afrique et apporterait la délivrance au peuple noir. L'accomplissement de cette prophétie semblait pour certains déjà inscrite dans la bible : " Depuis l'Egypte, des grands viendront. L'Ethiopie tendra les mains vers Dieu". Aux yeux de plusieurs individus appar-tenant de près ou de loin à l'organisation de Garvey, le doute n'était plus permis : l'heure de la Ré-demption avait bel et bien sonné. Léo-nard Percival Howell, Archibald Dun-kley et Joseph Nathanael Hibbert se révèlent être les premières personnes ayant professé la divinité de Ras Tafari. Compulsant les Saintes Ecritures, le trio Rasta décèle de multiples indices ren-forçant leur foi nouvellement acquise. L'empereur hérite de titres honorifiques tels que " Roi des rois, seigneurs des seigneurs, lion conquérant de la tribu de Juda, lumière de ce monde, élu de Dieu, défenseur de la foi… ". Ces prestigieu-ses références apparaissent à de multi-ples reprises dans le texte biblique. Un passage de l'Apocalypse en apporte l'ultime confirmation : " Et je pleurais beaucoup de ce que personne ne fut trouvé digne d'ouvrir le livre ni de le re-garder. Et l'un des vieillards me dit : ne pleure point ; voici le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a le pouvoir d'ouvrir le livre et ses sept sceaux ". Dès lors, Haïlé Sélassié passait du statut de simple monarque abyssin à celui d'un Dieu vivant : Jah Rastafari. Loin de remporter l'unanimité, la nouvelle sus-citait une certaine inquiétude chez les autorités locales. Le culte de Ras Tafari avait ceci de particulier qu'il se réclamait d'une divinité noire et n'avait d'ordre à recevoir de personne d'autre, à plus forte raison d'un pouvoir gouverné par des blancs. En affirmant haut et fort la négritude métaphysique de Dieu, les rastafariens constituaient une menace pour l'establishment colonial. Ici com-mence l'acharnement policier et judi-ciaire dont sera victime la communauté rasta et ce jusqu'à nos jours. Dès 1932, les premiers rastas diffusent leur mes-sage au cours de meetings de rue dans les quartiers défavorisés de Kingston. En compagnie de Robert Hinds, Ho-well vend à un schilling pièce des cartes postales représentant Ras Tafari et an-nonce le retour imminent des Jamaï-cains en Afrique. Archibald Dunkely fonde le King's Missionary Movement et Jo-seph Hibbert crée sa propre confrérie, l'Ethiopian Coptic Faith. De fait, le cou-rant Rasta se développe librement, sans chef suprême.

Les anarchistes de Dieu

Les rastas se font plus nombreux et commencent à remettre sérieusement en cause la légitimité du gouvernement. La réponse ne se fait pas attendre : en 1934, Howell et Hinds sont arrêtés pour incitation à la révolte et injure à la cou-ronne britannique. Le jugement s'avère expéditif : Howell écope de deux ans fermes et son bras droit d'un an. Pour Howell et ses compagnons, le Jugement Dernier se chargera de la justice de Ba-bylone et épargnera le peuple de Jah. A sa sortie de prison, il organise l'Ethiopian Salvation Society et continue à propager ses idées séditieuses. La communauté rasta s'agrandit et s'implante dans les collines. Le camp du Pinnacle rallie plu-sieurs centaines de Rastas vivant en marge de la société, de façon autarcique. En amharique (langue éthiopienne), le nom Ras Tafari signifie " celui que l'on craint ". C'est précisément ce sentiment de crainte de voir se constituer un état dans l'état qui pousse les dirigeants de la Jamaïque à lancer une vaste opération anti-rasta. Raids policiers et arrestations arbitraires se multiplient. En juillet 1941, le Pinnacle est investi et soixante dix rastas sont arrêtés. La consomma-tion illicite du cannabis devient le pré-texte à un emprisonnement massif. Les journaux relayent la politique du gou-vernement en qualifiant les howellites de dangereux sectateurs. Pour les rastas, fumer de la Ganja participe d'un rituel sacré. Cet usage se justifiait en plusieurs endroits de la bible : " Une fumée monta de ses narines et de sa bouche, un feu dévorait, des braises s'y enflam-mèrent. " ou encore " Dieu dit : je vous donne toutes les herbes portant se-mence, qui sont sur la surface de la terre… ".

 

En bref, fumer la Sainte Herbe permettait la méditation et favorisait l'accès au divin. Au regard de la bonne société, tout ceci relevait d'élucubrations de fanatiques. La confrontation était inévitable mais le mouvement rastafarien continuait de croître.

Ici rugissent les lions

L'invasion de l'Ethiopie par l'armée de Mussolini engendre un très large senti-ment d'indignation chez les jamaïcains. Le soutien pro-éthiopien rejoint les mêmes préoccupations des rastas. L'Ethiopie symbolise en effet le paradis terrestre, le " Zion ". L'élan de solidarité en faveur des guerriers éthiopiens (les " lions noirs ") prend de plus en plus d'ampleur et plusieurs groupes de rastas demandent l'autorisation d'aller com-battre contre l'envahisseur fasciste. Après avoir salué le couronnement d'Haïlé Sélassié, Garvey change de po-sitions et critique l'attitude de l'empereur en exil. Dans son journal The Black Man de mars 1937, il le représente sous les traits d'un lionceau ("l'inconsistance de l'empereur ") de Ju-das (" un lâche qui s'est sauvé de son pays "). Ce brusque changement d'opinion entraîne le départ de nom-breux partisans. Ferdinand Rickett, Al-tamont Raid, Vernal Davis, Paul Ear-lington et d'autres individus proches du Garveyisme épousent la cause Rastafa-rienne. Malgré l'éparpillement en diffé-rentes congrégations, le mouvement Rasta ne peut plus être ignoré. Le pou-voir jamaïcain reste cependant campé sur sa politique ultra-répressive et continue les persécutions et le harcèle-ment policier. Lorsque par miracle ils échappent à l'incarcération, les rastas sont internés au Belview Mental Hos-pital. Jamaïque, terre d'asiles… Howell et Dunkley en feront les frais.

Blood and Fire

Faute de pouvoir rentrer sur la terre promise (l'Afrique : le Zion Land), les rastas se heurtent aux autorités et la Ja-maïque tourne au Zoulouland. Les cris de guerre rastas se radicalisent : Nyabhingi (" Mort aux oppresseurs blancs et à leurs alliés noirs "), Blood and Fire (" Par le sang et par le feu "). La presse ali-mente la Rastaphobie en publiant des articles alarmistes. Habitué aux visites intempestives des forces de l'ordre, Léonard Howell fait garder les abords du Pinnacle par des rastas répondant au nom d' Ethiopians Warriors. C'est sem-ble-t-il vers cette période que les rastas commencent à arborer les Dreadlocks (longues nattes non tressées ayant un aspect effrayant, dread). Les Locks s'apparentent à la crinière d'un lion ou à une couronne authentifiée par la Bible : " Aussi longtemps qu'il sera consacré par son vœu, le rasoir ne passera pas sur sa tête ; jusqu'à ce que soit écoulé le temps par lequel il s'est voué à Dieu, il sera consacré et laissera croître libre-ment sa chevelure.". C'est à cette même époque que le conflit entre les rastas et les " soldats de Babylone " va se durcir considérablement. En 1954, la commu-nauté du Pinnacle est définitivement démolie et un millier de rastas sont ar-rêtés. Cet épisode marque bien la fin du Pinnacle mais les tentatives gouverne-mentales pour rayer de la carte les cer-cles rastas sont un échec. De plus en plus nombreux, les guerriers de Jah at-tendent la chute de Babylone : " Ils combattront contre l'Agneau, et l'Agneau les vaincra, parce qu'il est le seigneur des seigneurs et le roi des rois, et avec lui sont les appelés, les élus et les fidèles. " Apocalypse XVII-14.

Par Gismo - Publié dans : Le mouvement Rastafarai
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 21 décembre 2005 3 21 12 2005 14:43

" Greetings in the name of the Most High, HIM Haile Selassie I Jah Rastafari. Give Thanks and Praises to the Almighty One, Conquering Lion of Juda, King of Kings, Lord of Lords, Elect of God, Light of this World… " c'est ainsi que les rastafariens entonnent de longues litanies dédiées à la gloire de leur Dieu, l'empereur d'Ethiopie, Haïlé Sélassié I. Les biographies du monarque éthiopien le décrivent tantôt comme un homme d'état éclairé, père de l'unité africaine, tantôt comme un despote cupide et cruel. Le portrait que nous proposons ici n'a pas la prétention de trancher sur le sujet. L'histoire du Roi des Rois est en effet rongée par les mythes et chacun veut se tailler la part du " Lion ". Laissons donc le soin à l'intéressé d'exposer lui-même le fond de sa pensée : " Jusqu'à ce que la philosophie qui soutient l'existence d'une race supérieure et d'une autre inférieure, soit discréditée et abandonnée de façon permanente, jusqu'à ce qu'il n'existe plus de citoyens de première et de seconde classe au sein d'une nation, jusqu'à ce que la couleur d'un homme n'ait pas plus d'importance que la couleur de ses yeux, jusqu'à ce que les droits fondamentaux des hommes soient garantis à tous, de façon légale et sans considération raciale, jusqu'à ce jour, le rêve d'une paix durable, l'ambition de devenir citoyen du monde, et l'existence souveraine d'une morale internationale, ne seront qu'une illusion fuyante, ce que l'on poursuit sans jamais pouvoir l'atteindre, et jusqu'à ce que le régime ignoble et voué au néant qui tient actuellement nos frères en Angola, au Mozambique, en Afrique du Sud, par le lien inhumain, soit renversé, complètement détruit ; jusqu'à ce que le fanatisme, les préjugés, la malveillance et l'égoïsme inhumain soient remplacés par la compréhension, la tolérance et la bienveillance, jusqu'à ce que tous les Africains se lèvent et parlent en êtres libres, égaux aux yeux du Tout-Puissant ; jusqu'à ce jour le continent ne connaîtra pas la paix. Nous les Africains, nous battrons si cela s'avère nécessaire, nous savons que nous vaincrons, car nous croyons en la victoire du bien sur le mal. "

 

Le 23 juillet 1892 voit la naissance du Lidj (titre nobiliaire éthiopien attribué aux enfants appartenant de près ou de loin à la royauté éthiopienne) Tafari Makonnen dans la province du Harrar. Fils du chef de guerre Ras Makonnen, bras droit de l'empereur Ménélik, le jeune Tafari fait très vite l'expérience du pouvoir. En 1905, il est nommé dedjazmatch, fonction lui permettant, dès l'âge de 13 ans, de gouverner Gara-Mouletta. A dater de ce jour, Tafari sera investi de responsabilités de plus en plus prestigieuses. A la mort de Ménélik en 1913, une guerre de succession va s'engager pour l'accession au trône. Les candidats au règne impérial ne manquent pas. De sombres complots visent ici ou là à écarter les rivaux. Dans cette course successorale au titre suprême, Tafari fait figure d'outsider. Au premier abord, tout semble se jouer entre le petit-fils (Yassou) et la fille (Zaouditou) de l'empereur. Là où Yassou choisit d'entrer en conflit ouvert avec ses rivaux, Tafari préfère quant à lui l'action discrète à l'action directe. La patience stratégique de Tafari porte rapidement ses fruits : en 1916, il est désormais Ras Tafari puis Negus (roi) en 1928. Cette ascension fulgurante tient en ceci : il sait mieux que quiconque déjouer les manœuvres de ses ennemis de l'intérieur et nouer simultanément des contacts à l'extérieur de l'Ethiopie : les alliés européens. L'Ethiopie devient ainsi le seul état africain admis à la Société Des Nations. Le 2 novembre 1930, Ras Tafari est proclamé 225ème empereur d'Ethiopie sous le nom d'Hailé Sélassié I. Vénéré dans son pays, il est sans le savoir, divinisé en Jamaïque comme Jah, le Black Living God : le Dieu Vivant. De fait, ceux qui ne voient dans la naissance du mouvement Rastafari qu'une simple reproduction pigmentée du christianisme, commettent une grave erreur. La plupart des rastas sentent une odeur de cadavre s'échapper de la religion chrétienne. Les rastas bannissent le mot Mort de leur langage en le remplaçant par celui de Vie : le terme de(a)dicated se transforme ainsi en livicated. Leur dieu réside sur terre et non dans les cieux. Aussi curieux et incohérent que cela puisse paraître au premier regard, Hailé Sélassié ignorera longtemps l'existence de ce culte. Etrangement, l'histoire de Ras Tafari semble fort éloignée de celle des rastafariens. Une série d'événements va cependant modifier cet état de fait.

Tribulations
En 1935, l'Ethiopie doit se défendre contre l'envahisseur italien. Soucieux de récolter des fonds de soutien à l'étranger, l'empereur fonde deux ans plus tard l'Ethiopian World Federation Inc. Le Docteur Malaku Bayen est chargée de son implantation à New York. Des relations se tissent entre l'organisation et les premiers rastas. La Fédération Mondiale Ethiopienne s'installe en Jamaïque où l'appel à la solidarité pro-éthiopienne rencontre un très large écho. Par loyauté envers Sélassié, de nombreux rastas désirent adhérer à l'EWF mais les dissensions avec les représentants officiels ne tardent pas à se manifester. Les membres de la fédération (dont certains sont de confession chrétienne orthodoxe, l'église copte d'Ethiopie) voient dans le culte voué à l'empereur, un véritable blasphème. A leurs yeux, les rastas s'apparentent à des hérétiques. En Ethiopie, l'empereur est considéré comme l'élu de Dieu et non Dieu lui-même. Ces querelles théologiques vont se poursuivre tout au long de l'histoire du mouvement Rastafari. Si certains d'entre eux acceptent le compromis, de nombreux rastas refusent de céder du terrain. Pour eux, " God is Man and Man is God. " : Hailé Sélassié reste le Dieu libérateur du peuple noir qui assurera le retour définitif en Afrique. Cet épisode conflictuel entre les serviteurs du pouvoir impérial et les rastas se reproduira plus tard. En Ethiopie, Hailé Sélassié entreprend de multiples réformes destinées à faire entrer l'antique civilisation abyssine dans la modernité : construction d'hôpitaux, d'écoles, de réseaux de communication, mise en place des services publics, modernisation des institutions, abolition de l'esclavage… Il multiplie par ailleurs les voyages diplomatiques tout en parvenant à contrer les conspirations et autres tentatives de coup d'état. L'efficacité de la politique extérieure et les réformes engagées ne transfigurent pas pour autant le vrai visage de l'Ethiopie : l'opulence de l'aristocratie contraste fortement avec la majorité des éthiopiens qui continuent de vivre dans la misère.

Back-To-Africa
En Jamaïque, les aînés rastas échafaudent des plans pour retourner en Afrique. Les tentatives collectives de rapatriement se soldent par des échecs. En 1955, l'empereur décide d'accorder à la diaspora noire, la concession territoriale de Shashamane. Plusieurs dizaines de rastas s'y établiront. Shashamane ne constitue sans doute pas le havre de paix tant espéré : si l'endroit bel et bien est perdu, il n'a toutefois rien du paradis. Qu'importe le lieu s'il se situe en terre sainte (l'Egypte antique désignait l'Ethiopie comme étant " la terre des dieux ") loin des vicissitudes de Babylone. En 1961, le gouvernement jamaïcain commence à accorder un minimum d'attention à la volonté des rastas d'un rapatriement réel (et non plus simplement fantasmé) sur le continent africain. Cette prise en considération se concrétise par un voyage officiel dans plusieurs pays africain. La délégation de la Mission To Africa se compose d'officiels du gouvernement, d'un membre de l'UNIA, d'un représentant de l'antenne locale de l'EWF et de trois figures de la communauté rastafarienne : Mortimo Planno, Fimore Alvaranga et Douglas Mack. Si l'empereur fait montre de la plus grande courtoisie envers les trois aînés rastas (ils sont décorés de médailles d'or), la rencontre n'offre aucune garantie définitive sur l'éventualité d'un retour en Afrique. Pour Hailé Sélassié, il est impératif d'assurer l'unité interne de l'Afrique avant de régler le problème des noirs expatriés. Certains intellectuels jamaïquains et quelques spécialistes en negrologie qualifient les adeptes du Back-To-Africa d'escapistes (de fuyards) alors qu'ils sont l'objet de la plus rude répression policière. L'image des rastas oscille toujours entre la peur et l'incompréhension. Prisonniers à Babylone, isolés de celui qu'ils nomment HIM (His Impérial Majesty), les rastafariens prennent leur mal en patience : Soon Come…

 

 

Grounation Day
Le Négus doit faire face à plusieurs tentatives de renversement : insensiblement le pouvoir de la couronne impériale s'est effrité. En s'ouvrant sur le monde, l'Ethiopie est devenu du même coup, l'objet de vastes enjeux géopolitiques : la guerre avec l'Erythrée en est un exemple. Les préoccupations de l'empereur se tournent vers la lutte contre le colonialisme. L'Afrique ne peut s'affranchir du joug occidental sans s'unifier : " Nous sommes résolus à créer l'Unité des Africains ". En 1962, Sélassié organise à Addis Abéba la conférence du Mouvement Panafricain pour la liberté de l'Afrique centrale et orientale. Dans cette même optique, il sera l'un des pères fondateurs de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA). L'empereur ne connaît que trop les risques de division et cette lucidité n'est pas sans préfigurer certaines dérives neo-coloniales récentes : " Nous devons éviter avant tout de tomber dans les pièges du tribalisme. Si nous sommes divisés sur une base tribale, c'est une invitation à l'intervention étrangère avec toutes les conséquences néfastes que cela comporte. ". Partagé entre le sort de l'Afrique et la recherche d'appuis extérieurs, Hailé Sélassié reprend ses voyages à travers le monde. Le six avril 1966, le Roi des Rois répond à l'invitation du premier ministre jamaïquain Michael Manley. La tension est à son comble : des milliers de rastas investissent Palisadoès Airport. Les fils de Jah scrutent le ciel dans une atmosphère mystico-apocalyptique. Lorsque l'avion atterrit enfin, les rastas percent le dispositif de sécurité et encerclent l'appareil. L'empereur, frappé de stupeur, refuse dans un premier temps descendre. Mortimo Planno parvient à calmer le jeu et le négus entame sa visite officielle encadré de près par les autorités locales. La visite officielle de King Selassie I ne tient pas toutes ses promesses. Si Sélassié s'entretient et décore une trentaine de personnalités rastas, il dément dans une conférence de presse toute nature divine : " Un homme ne peut vouer un culte à un autre homme. " Pour couronner le tout, il déclare allégeance à la chrétienté orthodoxe en se présentant comme un serviteur du Tout-Puissant. Curieusement, les rastafariens, bien que désappointés par ce déni, attribuent cette déclaration au caractère humble de l'empereur. Rien ne peut venir à bout de la foi rasta pas même Ras Tafari en personne. Pour ce qui concerne le retour en Afrique, l'empereur exhorte les rastas à libérer la jamaïque avant de rentrer à Zion. Après le départ du Lion de Juda, la trève s'interrompe brusquement et les opérations anti-rastas reprennent de plus belles. Si la jamaïque sombre dans un climat de terreur orchestré par les politiciens véreux et leurs gunmen, l'Ethiopie assiste au derniers souffles de la dynastie impériale. La contestation gronde de toutes parts : les étudiants remettent en cause la légitimité du trône, ils sont par la suite relayés par l'émergence d'un parti d'obédience marxiste-léniniste (l'organisation révolutionnaire pour la libération de l'Ethiopie). Les origines du mécontentement sont diffuses : la famine dévaste le Wollo, les purges estudiantines soulèvent l'indignation. La révolution explose au grand jour sous les cris d' " Ethiopie d'abord ! ". Le 12 septembre 1974, marque la fin du règne de l'empereur : le Comité Militaire (le Derg) prononce la déposition d'Haïlé Sélassié. Déchu de tous ses droits régaliens, Sélassié est conduit en résidence surveillée. Le gouvernement provisoire épure l'entourage de la royauté éthiopienne.

Dread or Alive
Le 28 août 1975, un quotidien éthiopien (l'Ethiopian Herald) annonce laconiquement : " Hailé Sélassié I, précédemment empereur d'Ethiopie, est mort hier. Un accident circulatoire est à l'origine de sa mort. ". Les circonstances exactes de la mort de l'empereur demeurent toujours non élucidées. La véracité historique a ses raisons que la vérité politique ne connaît que trop… Une toute autre version circule selon laquelle Sélassié aurait tout bonnement été étouffé. Si la vérité est ailleurs, qu'elle y reste ! La diffusion internationale de la mort du dernier négus ébranle le mouvement rasta. Le régicide tourne au déicide. La communauté rastafarienne se trouve confrontée à une incontournable contradiction : car c'est de la finitude de Dieu dont il s'agit ici. Jah est sans commencement ni fin. Pour les rastas, si Dieu est mort, plus rien n'est possible. Certains d'entre eux désertent le mouvement mais contrairement à toute attente, le culte rastafari ne succombe pas à la mort de sa divinité. Les réactions sont les plus diverses : l'événement s'avère dans un premier temps nié en bloc (Jah can't die !). En l'absence de toute photo post-mortem de l'empereur (le lieu de l'inhumation étant d'autre part resté secret), les rastas dénoncent la propagande de Babylone (" so-called death "). En quelque discrédit que soit tombé le courant Rastafari suite au décès de Sélassié, l'esprit rasta ne s'éteindra pas. Progressivement, les natty dreads opèrent un sauvetage par transfert : l'enveloppe corporelle de l'empereur est bien morte mais son esprit est omniprésent. Chaque confrérie détient sa version des faits. L'Ordre de Nyabinghi maintient sa croyance en Hailé Sélassié à l'instar d'un Dieu Tout-Puissant " The First an the Last "). Les 12 Tribus d'Israël le considère comme étant la réincarnation temporelle du Christ, les Bobo Dread procèdent à une refonte trinitaire selon laquelle Sélassié est le père, Prince Emmanuel le Fils (Black Christ in Flesh, décédé en 96) et Garvey, le prophète. L'EWF et L'Eglise Orthodoxe Ethiopienne (EOC) voit en lui l'image du christ mais non le christ lui-même…Bref, la théologie rasta se décline en de subtiles nuances : la congrégation Zion Coptic Church, la Rastalogie, l'IEWF, le RCO, les Christafariens (sic) toutes ces tendances rastafariennes ont su dépasser le paradoxe de la mort d'Hailé Sélassié. Pour les rastas, l'esprit Rastafari est intemporel tout comme la Vie: un jour ou l'autre on saura que avant Rasta, après Rasta, sans Rasta, envers Rasta, contre Rasta, malgré Rasta, c'est toujours Rasta

Par Gismo - Publié dans : Le mouvement Rastafarai
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 21 décembre 2005 3 21 12 2005 15:03
1492 : découverte de la Jamaïque par Christophe Colomb.
Annexion de l’île par l’Espagne : ethnocide des Arawaks et importation
massive d’esclaves africains.

1665 : la Jamaïque passe sous le joug anglais.

1783 : date majeure de l’histoire du courant éthiopianiste, George Liele fonde l’Ethiopian Baptist Church.

1831 : Rébellion de Sam Sharpe

1834 : Abolition de l’esclavage.

1838 : l’abolition devient effective.

1845 : des indiens (Inde) s’installent sur l’île pour y travailler.

1860 : le grand réveil religieux Great Revival.

1865 : Révolte sous la direction de Paul Bogle à Morant Bay.

17 août 1887 : naissance de Marcus Garvey.

23 juillet 1892 : naissance de Ras Tafari Makonnen.

1896 : défaite des italiens face à l’armée de l’empereur ethiopien Menelik II à Adoua.

1898 : naissance de Léonard Percival Howell.

1913 : mort de l’empereur Menelik II.

1914 : Marcus Garvey fonde l’UNIA (Universal Negro Improvement Association).

1922 : on estime à six millions le nombre de personnes adhérant à l’UNIA.

1925 : Jugement et incarcération de Marcus Garvey pour fraude fiscale.

1928 : Ras Tafari est intronisé Negus (roi).

2 novembre 1930 : Ras Tafari est couronné empereur Hailé Sélassié I, roi des rois, lion conquérant de la tribu de Juda.

1930 : éclosion du mouvement rastafari en Jamaïque.

1934 : arrestation de Howell et de son bras droit Hinds : jugement expéditif et incarcération.

1940 : à sa sortie de prison, Howell fonde l’Ethiopian Salvation Society.

1941 : arrestation d’Howell.

1935 : invasion de l’Ethiopie par l’armée de Mussolini.

1937 : Création de l’Ethiopian World Federation Inc. (EWF).

1940 : mort de Marcus Garvey à Londres.

1941 : libération de l’Ethiopie.

6 fevrier 1945 : naissance de Robert Nesta Marley (Bob Marley).

1954 : fin de la communauté rasta (les howellites) du Pinnacle :arrestations des membres.

1955 : L’empereur accorde une concession territoriale à la Diaspora noire : shashamane.

1961 : délégation rasta et officiels du gouvernement jamaïquain en visite en Ethiopie.

1961 : Ras Sam Brown se présente aux élections (Black Man’s Party).

1962 : indépendance de la Jamaïque.

1965 : délégation de rastas en Ethiopie en vue d’étudier les possibilités d’un rapatriement.

21 avril 1966 : « Grounation Day » visite de Hailé Sélassié I à la Jamaïque.

1966 : destruction du ghetto Black O’ Wall (quartier où résident plusieurs communauté rastas : celle de Ras Sam Brown et de Prince
Emmanuel) : répression policière.

1968 : apparition d’un nouveau groupe rasta : les Douze Tribus d’Israël sous la tutelle spirituelle du prophète Gad (Marley se joint à eux
en 69).

Août 1975 : mort de l’empereur.

1981 : mort de léonard P. Howell

11 mai 1981 : mort de Bob Marley.

1992 : Fête rasta pour le centenaire de la naissance de Ras Tafari.

1996 : mort de King Emmanuel, patriarche des Bobo dread.

14 novembre 1996 : le Conseil Economique et Social des Nations Unies reconnaît l’International Rastafarian Development Society comme
une organisation non-gouvernementale.

Décembre 1996 : Le sociologue rasta Denis Forsythe est accusé de possession et consommation de Ganja. Début de la saga juridique. Conférence internationale rastafarienne aux Barbades : nouvelles orientations.

1998 : décès des aînés rastas Jah Stone et Ras Sam Brown.

Par Gismo - Publié dans : Le mouvement Rastafarai
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 9 novembre 2006 4 09 11 2006 17:28

Par ce manque d'articles sur la culture rasta, j'ai décidé de vous raconter l'histoire du peuple jamaicain en plusieurs parties qui feront l'objet de plusieurs articles. Par un manque de temps certain je ne promets pas de pouvoir en faire un chaque semaine mais je ferai de mon mieux.
Ma première partie consistera à la présentation de l'arrivée des colons en Jamaique.


Il y a aujourd'hui près de 2,5 millions d'habitants en Jamaique,
76% sont d'origine africaine
15% sont afroaméricaines
4% sont afroasiatiques
3% de race blanche
2% d'aures origines

Cette diversité est du aux nombreuses guerres qui ont été éclatées sur cette île, question de survie pour les esclaves, lutte de pouvoir des politiciens, etc...

Il y a longtemps, les indiens arawaks,qui peuplait l'île l'ont baptisé Xaymaca ou encore Xamaica ("le pays des sources" ou "le pays de bois et d'eau"). Ils y sont arrivés par deux vagues d'immigrations, la première vers l'an 500 et la seconde entre 850 et 900 après JC.Ils se sont alors installés sur 11000km² qu'offre l'île, une ds superficies les plus grandes des Antilles.
Ils cultivent le coton (nous leur devons d'ailleurs l'invention du hamac dont le véritable nom était Arawak), ils sont également fermiers ou pêcheurs, ils taillent des bijoux dans les pierres, font de la musique, danse et déjà jouent au ballon.
Des gens qui vivent tranquillement jusque l'arrivée du sacré Christophe Colomb le 3 mai 1494, à la recherche d'or pour agrémenter la couronne espagnole.
Ils accostent dans l'actuel Saint Ann's Bay pour le plus grand malheur des paisibles arawaks. Colomb remplacera alors le X de Xamaica par un J lors de la retranscription phonétique du nom.
Les premiers colons espagnols arrivent en 1510, et le peuple des arawaks est dissiminé par les conquistadors.
Certains résistent et sont alors brutalisés ou encore exploités et la plupart succombe aux épidémies. d'autres encore préfèrent le suicide.
En 1611, il ne reste plus que 74 arawaks.

Pour remplacer la main d'oeuvre manquante, les espagnols organisent la traite des noirs et en 1517 les premiers bateaux d'esclaves arrivent d'Afrique.

[A suivre ...]

(Tiré de "Tendance Rasta" aux éditions musiques & Cie)

Par Gismo - Publié dans : Le mouvement Rastafarai
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus