La légende du Roi Salomon et de la Reine de Saba.
Texte sacré éthiopien, le Kebra Negast (on trouve aussi les graphies Kebra Nagast, Kebre Negest ou encore Kabra Nagast) fût sans doute compilé par des scribes tigréens entre la fin du treizième et le début du quatorzième siècle de notre ère. Ce récit reprend en partie la légendaire rencontre entre la reine de Saba et le roi Salomon telle qu’elle est décrite dans la Bible. Cette épopée abyssinienne, écrite en Guèze, la langue liturgique éthiopienne, s’inspirerait de l’Ancien Testament, du Coran, de certains passages talmudiques et de divers textes deutérocanoniques.
En dépit d’une littérature prolifique, l’histoire de la reine de Saba demeure sujette à caution. Certains archéologues vont en effet jusqu’à mettre en cause l’idée même de son existence. La localisation exacte de son royaume est, lui aussi, l’objet de savantes querelles de spécialistes : Abyssinie, Yémen, Arabie du Sud (dite "Arabie heureuse").
La reine légendaire est une figure interreligieuse : on la retrouve en effet dans le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam (ainsi que dans divers courants kabbalistiques, alchimiques, théosophiques et franc-maçonniques). Elle apparaît notamment dans l’Ancien Testament (Premier Livre des Rois : 1 à 13). La reine de Saba prend une dimension toute particulière dans le Kebra Negast en ce que sa rencontre avec Salomon, et le fruit de leur union (Ménélik Ier), fondent la dynastie des empereurs salomonides. Selon la légende relatée par le Kebra Negast, Ménélik se serait emparé des Tables de la Loi (le Tabot pour les abyssins) et les auraient convoyé en Ethiopie. Cette terre devient alors Zion ("Sion").
Le couronnement d’Haïlé Sélassié, 225ème descendant de Salomon, s’inscrit dans le prolongement de ce même lignage comme le stipule l’article 2 de la Constitution éthiopienne de 1955 : « Sa dignité Impériale doit rester constamment fidèle à la lignée ininterrompue qui le ratache à la dynastie de Ménélik I, fils de la Reine d’Ethiopie, la Reine de Saba, et du Roi Salomon de Jérusalem. » En conséquence, l’empereur éthiopien s’apparente à un monarque de droit divin. Réinterprété et amplifié, ce statut du « Roi des rois » fut l’objet d’une véritable déification chez les rastas.
Par Prophet From Parano
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On parle beaucoup de Rastafari, cependant the « roaring lioness » n’y apparaissent pas . Pourtant, Elles sont bien présentes, représentantes de Queen Omega, épouse de Selassie 1er!
Mais voilà, il faut savoir que, jusqu’au début des année 80, la Rastawoman tenait une place secondaire au sein du « moveman » . Les croyances Rastafari concernant les femmes sont clairement basées sur la Bible. D‘ailleurs, les références bibliques les plus souvent formulées concernent l’Epître aux Corinthiens XI-5 à 7 : " Toute femme qui prie ou prophétise le chef découvert fait affront à sa tête (…) l’homme lui, ne doit pas se couvrir la tête parce qu’il est à l’image et à la gloire de Dieu ; quant à la femme, elle est à la gloire de l’homme. " ou encore le Lévitique XV-19 : " Lorsqu’une femme a un écoulement de sang et que du sang s’écoule de son corps, elle restera pendant sept jours dans la souillure de ses règles. Qui la touchera sera impur jusqu’au soir. "
On remarque différentes règles à respecter, des prescriptions vestimentaires et morales de l’Ordre de Nyabinghi, par exemple : la chevelure et les jambes se doivent d’être couvertes aux cours des cérémonies.
les Bobo Ashanti ont trouvé une solution pour se préserver de la "contamination " et de la " pollution " : les femmes sont claustrées durant 21 jours. Cette phase de " purification " avoisine les trois mois après un accouchement…
Ou encore plus généralement, la femme ne peut accéder à Jah que par l’entremise de son homme. Beaucoup de rastas considèrent que la présence d’une femme parasite la méditation.
Cependant, bien qu’infériorisées, subordonnées aux tâches domestiques, les femmes rastas commencent à revendiquer un statut égalitaire vers la fin des années 70.
Les figures féminines importantes dans le mouvement sont mises en avant : La reine de Saba ; le culte Nyabinghi en Ouganda révérait une reine insoumise ; Nanny “ the Ashanti Maroon Queen ”, Amy Jacques Garvey co-fondatrice de l’UNIA, la proto-rast Grace Jenkins Garrisson de l’Hamitic Church, l’impératrice Menen (Queen Omega)… Les daughters se solidarisent et s’organisent en association : Rastafarian Women’s Organisation ;Rasis International ; King Alpha and Queen Omega Daughters United etc…Elles s’investissent dans la recherche universitaire, dans l’écriture, dans la réalisation de films, projets socioculturels, écoles, restauration, défense des droits civiques et j’en passe.
Voici quelques idées de la vision de la femme, par sista P, rastawoman (source magaz’ ragga) : « L’homme et la femme ne peuvent vivre séparément, ils sont totalement complémentaires. Les femmes occupent aujourd’hui des postes significatifs et assument des responsabilités importantes. Je suis très engagée dans le mouvement depuis le milieu des années soixante-dix et je peux témoigner des changements survenus selon mon expérience personnelle. Au début des années soixante-dix, les femmes étaient souvent vues comme des secrétaires dans les groupes. Mais ce temps est aujourd’hui révolu. Les femmes se sont progressivement instruites par leurs propres moyens, et peut-être plus que les hommes. Cette évolution ne s’est pas déroulée facilement, car dans cette société, si vous êtes un homme noir, vous subissez la discrimination, mais si vous êtes une femme noire, vous êtes doublement victime de discrimination : en tant que noire et en tant que femme. »
Pour terminer voici un extrais du discours prononcé par l’Impératrice Menen en septembre 1935 à la Fédération Mondiale des Femmes : « En dépit des différences de couleur, de race, de croyances, et de religions entre les femmes sur terre, elles détestent toutes la guerre, car le fruit de la guerre n’est rien d’autre que le désastre ».
Par Nutz From Parano
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